Archive for the 'Divers' Category

09
Juil
12

Canard PC ouvre davantage ses archives

Vous ne savez pas quoi lire pendant vos vacances ? Vous n’avez pas envie de passer pour un nul sur votre lieu de villégiature cet été ? Permettez-moi alors de vous conseiller la lecture d’un magazine au ton léger, à l’humour fin et délicat, dont les journalistes respirent le sérieux, ne sont jamais en retard pour le bouclage et redonnent ses lettres de noblesse à leur profession. Canard PC -puisque c’est de lui qu’il s’agit– vient, en effet, d’autoriser Abandonware-magazines à mettre en ligne un nouveau pan de sa courte mais riche histoire. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, ce site se présente comme une « bibliothèque numérique » visant à permettre l’accès à d’anciens numéros de magazines informatiques, certains n’existant plus, comme Tilt ou Génération 4, d’autres toujours en activité (Joystick, par exemple).

Jusqu’à présent, les numéros 1 (26 novembre 2003) à 94 (14 décembre 2005) étaient disponibles au feuilletage ou en téléchargement. Dorénavant, les numéros allant jusqu’en juillet 2010 pourront aussi être proposés sur le site. Les choses n’ont d’ailleurs pas trainé, puisque les numéros 95 à 108 sont d’ores et déjà en ligne. Une fois que les numéros manquants seront numérisés, ce seront donc presque sept années de l’existence du bimensuel qui seront gratuitement accessibles, ce qui constitue une excellente initiative à l’heure des DRM et des verrous numériques en tous genres.

N’allez pas toutefois le crier sur tous les toits : si votre petite amie l’apprend, elle serait bien capable d’exiger la mise à la poubelle de ces cartons poussiéreux remplis de Canard PC, maintenant que leur pendant numérique existe. Pour ma part, achetant le magazine depuis deux ans, j’ai encore une marge de sécurité. J’ai déjà bien du mal, à chaque fois qu’une bouffée de rangement monte à la tête de ma compagne, à sauver mes dix années de Joystick…

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06
Oct
11

One last thing…

Steve Jobs s’en est allé dans son cloud… Je n’aurais jamais cru que sa mort m’aurait fait ressentir un pincement au cœur. Il faut croire qu’une quinzaine d’années d’utilisation de ses produits ont fini par créer un certain attachement, peut-être au-delà du raisonnable, quand on pense qu’il est aussi l’incarnation, certes moderne et cool (le fameux baskets-jeans-col roulé), du patron capitaliste dans toute sa splendeur, délocalisant et sous-traitant à tout va. Je me demande comment les familles des suicidés chinois de Foxconn et, de manière générale, les petites mains exploitées qui fabriquent les produits Apple ont pris la nouvelle.

Néanmoins, il est indéniable que le personnage ne laissait pas indifférent. En apprenant sa mort, je me suis rappelé la fameuse publicité Apple de 1997 : quelle que soit l’opinion qu’on pouvait avoir de lui, dans le domaine de l’informatique (voire même plus), Steve Jobs a certainement sa place parmi ceux qui ont « pensé différemment ».

12
Juil
11

Retour en jeu

Quel regard pourrait porter un amateur de jeux vidéo sur ordinateur après un hiatus de dix ans, pendant lesquels il n’a suivi, pour ainsi dire, que de très loin l’actualité en la matière ?

Il y a dix ans, mon Pentium 200 Mhz achevait de rendre l’âme : il avait été suffisant pour jouer à Civilization II, Funtracks, Warcraft II ou encore Sid Meier’s Gettysburg, mais avec sa carte vidéo de 1 Mo, il était alors irrémédiablement dépassé.

Depuis 1992, j’avais été un fidèle lecteur du magazine Joystick. Dans le dernier numéro que j’ai acheté, en septembre 2001, on testait Baldur’s Gate II : Throne of Baal, Myst 3, Arcanum… Les tops de la rédaction mettaient en avant Railroad Tycoon, Fallout II, Might and Magic VII, Half-Life et Counter-Strike. Dungeon Siege, Morrowind et Neverwinter Nights faisaient partie des jeux les plus attendus.

Un an auparavant (Joystick de juin 2000), l’éditeur Visiware inaugurait, avec Arabian Nights un nouveau mode de distribution avec un jeu « découpé par épisodes, qu’on achète un par un, et téléchargeable directement sur le Net pour moins cher qu’une version boîte complète ».

Les cartes graphiques 3dfx, qui avaient dominé le marché pendant la deuxième moitié des année 90, n’étaient déjà pratiquement plus qu’un souvenir : la société avait été rachetée au tournant du millénaire par Nvidia.

Signe ultime d’une époque aujourd’hui révolue, le numéro 129 de Joystick comportait même un petit livret de solutions qui faisait la promotion, en quatrième de couverture, du 3615 CHEAT pour les joueurs en détresse (2,21 F/mn).

Après cette date, j’ai abandonné le PC pour le Mac, ce qui limitait de fait considérablement les possibilités pour jouer. Deux ans plus tard, une page se tournait également pour Joystick : le magazine, qui appartenait à Hachette Disney Presse, était racheté par le groupe Future France (devenu depuis lors Yellow Media), et certains « historiques » quittaient le navire pour fonder une nouvelle revue, Canard PC.

L’année dernière, j’ai recommencé à suivre de manière plus approfondie l’actualité du jeu vidéo sur ordinateur. C’est précisément la lecture d’un numéro de Canard PC, qui a été à l’origine de ce regain d’intérêt, ainsi que la découverte d’une autre revue, IG Magazine, qui proposait notamment des articles rétrospectifs sur les jeux vidéo. Ainsi, de fil en aiguille, je me suis mis à jouer de nouveau et à tenter de mettre à jour dix années de lacunes dans ce domaine.

Le paysage du jeu vidéo a forcément beaucoup changé. La décennie passée a vu son vocabulaire s’enrichir d’expressions telles que DLC, casual gaming, plate-formes de téléchargement, alors que les MMO et autres MMORPG sont devenus monnaie courante. Des éditeurs qui avaient bercé mes années Atari STE ont disparu : Microïds, Microprose, Psygnosis (dès 1999), victimes d’une certaine forme de concentration économique. Mais inversement, les développeurs et les éditeurs indépendants occupent une place plus importante en bénéficiant des possibilités offertes par la vente dématérialisée. Cette dernière s’impose de plus en plus, sous l’impulsion d’acteurs comme Steam ou Direct2Drive.

Malgré ces évolutions (sans parler de la puissance des machines et des configurations nécessaires pour jouer), il est tout de même étonnant de constater quelques permanences. Ainsi, certains titres, qui existaient déjà sur mon vieux 1040 STE, sont toujours déclinés aujourd’hui. La fin de l’année 2010 a, par exemple, été marquée par la sortie de la cinquième déclinaison de Civilization. Guybrush Threepwood poursuit ses aventures plus de 20 ans après The Secret of Monkey Island, qui fut le premier véritable jeu auquel j’ai joué. La série des Heroes of Might and Magic, commencée en 1995, doit s’enrichir cette année d’un sixième épisode. De manière générale, les genres de jeu vidéo n’ont pas fondamentalement changé : les grandes catégories définies dans les années 1980 et 1990 (voire, pour certaines dès la décennie 1970) sont toujours pertinentes, bien que des sous-genres soient apparus.

Il y a dix ans, j’avais déjà depuis longtemps tiré un trait sur mes rêves de gosse de travailler dans la presse écrite vidéoludique. Il faut comprendre mes parents : quand je leur disais que je voulais devenir « testeur de jeu vidéo à Joystick », ils avaient de sérieuses raisons de faire les yeux ronds et de ne pas acquiescer à mes lubies.

Aujourd’hui, je ne rêve plus de travailler pour Joystick, mais, en paraphrasant une phrase culte de la grande époque du magazine, je pourrais dire que depuis un an « les jeux vidéo, c’est [redevenu] ma passion ». Paradoxalement, je ne suis pas retourné au PC, qui est pourtant la plate-forme de référence dans ce domaine. Toujours allergique à Windows, je suis resté sur Mac (même si la politique de plus en sectaire et fermée d’Apple commence à me filer de l’urticaire).

Fort heureusement, les choses ont aussi bien évolué en matière de jeu sur Mac, et dans le bon sens. Certes, l’offre vidéoludique est encore très loin d’égaler celle proposée sur PC, mais les éditeurs considèrent à l’évidence avec plus d’intérêt la plate-forme à la pomme. L’arrivée de Steam en 2010 a indéniablement fait bouger les lignes, de même que la vitalité des développeurs indépendants.

Dès lors, il n’apparaît plus aussi inapproprié d’associer Mac et jeu vidéo. C’est l’ambition, fort modeste, de ce carnet de bord de parler, de temps à autre et sans souci d’exhaustivité, des jeux sur Mac, et, à l’occasion, d’en « tester » quelques-uns.